La rencontre partie 2 - La traversée du désert

j'y ai pensé toute la journée. Je peux encore sentir son odeur sur moi, le goût de ses lèvres ne quitte plus ma bouche.

Quand je ferme les yeux, je le revois, je le revois me regarder et rien que cette pensée me fais jaillir le cœur hors de la poitrine. 

Il s'appelle Bruno, il travaille dans une grande entreprise de transport et de logistique c'est ce que j'ai compris. Il a 44 ans, il est beau comme un dieu, pourquoi s'intéresserai t il encore à moi ? 

Autant de question que je me pose et cela fait juste quelques heures je nous nous sommes quittés, sans échanger nos numéros ni aucun moyens de se joindre.

Mais alors que faire ?

Il faut que je le revois, je crois que je tombe amoureux il faut que j'en sois sur.

 

Nous faisons tant de choses stupides par amour, on fait souvent du mal aux gens qui nous entourent malheureusement. 

Il me fallait une stratégie, un moyen de le revoir, coûte que coûte. Je n'avais pas de moyens de locomotion à l'époque j'habitais sur Nîmes, et revenir à la villa rouge c'était compliqué.

J'ai bien un train qui permet de rejoindre Montpellier, mais après ? 

Le bus ? oui, à Montpellier ville étudiante par excellence, un service de nuit est mis en place les week-end qui permet aux noctambules de rejoindre les clubs sans prendre la voiture. 

 

Le vendredi suivant, billet en poche, je rejoins la villa rouge, seul cette fois ci. Bien décidé à le revoir et ne pas le laisser filer. Je fais la queue, je paye mon entrée, et commence ma soirée en scrutant l'ensemble des personnes présentent, je fais un rapide tour des 3 salles et je me poste près du bar en comptant les arrivées...

Je veux le revoir... La soirée se poursuit la boîte bat son pleins, des gens dansent et s'amusent. Je me sens hors de ça, hors du temps. Je me désespère de le revoir, revoir son visage, sentir cette sensation nouvelle de son contact avec le mien, je veux plus. 

Pourtant au moment, où je me dis qu'il ne viendra pas et que je suis venu pour rien, je sens quelqu'un qui me tape sur l'épaule. Je me retourne et mon cœur se mit à chavirer. Non ce n'était pas Lui. 

Mais une autre personne qui me connaissait bien.  Jérome, un gars que j'avais rencontré quelques années plutôt avec qui j'avais flirtai un peu et pour qui je n'avais pas de sentiment si ce n'est une profonde amitié. Mais ce n'était pas réciproque. Jérome m'aimait bien, un peu trop d'ailleurs. 

Il m'a demandé si je venais seul, je n'ai pas su quoi lui répondre.

-"n'hésite pas si tu dois refaire une soirée à la villa, appelle moi, en souvenir du bon vieux temps"

 

Je n'ai pas vu le piège tout suite, je repartis attendre mon bus puis mon train et je repris le cours de ma petite vie. Insatisfaction, c'est le sentiment qui me parcourait et un léger gout amer dans la bouche. 

J'y retourne le Week end prochain !

et j'y suis retourné, le train, le bus, la boite, l'attente… j'aurais pu rencontrer d'autres personnes, la boite était pleine de célibataires, les soirées SEX & VIP avaient la côte ! Mais non, il était hors de question que je fricote avec quelqu'un d'autres car si Bruno me voyait alors je n'aurais pus aucune chance de me rapprocher de lui… Mais il ne vint toujours pas. Je regardais le club se remplir et se vider désespérément. 

"2x en 1 semaine que je te croise ici ?" et oui je retrouve Jérome la bouche en cœur, prêt à m'accueillir les bras ouverts. L'image qui me vient tout de suite à l'esprit est: un pot de miel. Beaucoup trop collant

"Tu me fuis je te suis je te fuis tu me suis" disait l'adage 

-"je t'avais dis de m'appeler si tu venais ici, tu serais rentré avec nous, on te laisse pas partir seul, je te raccompagnerai à la gare"

Et me voilà embrigadé avec son équipe à passer la fin de soirée chez une de ses amies en attendant de pouvoir prendre le premier train qui me ramènerait chez moi.

Il était gentil, c'est le moins que l'on puisse dire, il me ramena à la gare à l'heure de mon train et insista pour que nous passions la prochaine soirée ensemble. 

Je dis oui d'un signe de tête et promit de le rappeler le Week end suivant.

 

La soirée suivante, Jérôme m'attendit à la gare , nous sommes allés diner en ville puis nous avons poursuivit la soirée à la villa rouge comme promit et comme promit je suis rentré avec eux, sans payer, en bonne place dans un carré VIP, boissons à volonté, Jérôme ne se refusait rien ni à lui ni à ses amis, ni à celui qui tente de reconquérir. 

Pour tout avouer, j'étais mal à l'aise de profiter de ce moment dans l'unique but de revoir celui qui m'avait fait vibrer. Mais Jérôme allait tous les Week end à la Villa, c'était son fief, son QG, les videurs l'appelaient même par son prénom. 

 

Le week-end suivant Jérôme était toujours là prêt à venir me chercher à n'importe quel moment. Il attendait patiemment devant la gare que mon train arrive malgré les quelques minutes de retard habituelles. Ce soir là, il me présenta d'autres de ses amis, dont je ne me rappelle ni les prénoms ni les visages; Je me souviens que l'un d'entre eux m'avait pris entre 4 yeux pour m'expliquer que Jérôme tenait encore à moi et qu'il ne fallait pas que je le fasse souffrir. Ce à quoi je lui avais rétorqué que les choses étaient très claires entre lui et moi, nous nous revoyons pour sortir comme de bons copains uniquement.

Les choses étaient claires, très claires enfin surtout pour moi, car lorsque nous passions les vestiaires pour nous rendre dans la salle principale de la discothèque mes yeux reprenaient leurs travail de scanner l'ensemble de la salle pour le revoir.

Une soirée de + et il n'était toujours pas là … Jérôme tenait à me raccompagner à la gare, justifiant que le quartier n'est pas sur et qu'un gars comme moi n'avait rien à faire en ville en pleine nuit. *Il est gentil. 

Il ne prit pas le chemin habituel pour me ramener. Il arrêta sa voiture sur un parking il éteignit ses phares et son moteur et j'entendis la fermeture centralisée du véhicule de mettre en marche. 

-"Pourquoi tu t'arrête ?" lui demandais je de mon air crédule…

-" je sais que tu en a envie" 

Vous devinez la suite…

 

Alors non il ne s'est rien passé de croustillant. Je ne crierai pas au #MeeToo, mais quand même se retrouver enfermé dans une voiture, en pleine nuit, sur un parking vide avait quelque chose d'effrayant. Il tenta de m'embrasser mais je l'ai repoussé en continuant d'essayer d'ouvrir cette putain de portière ou même les vitres !

Il prit ma main et la posa sur son sexe qui était bien évidement dur, mais c'est à peu près à ce moment là qu'il comprit qu'il ne passerai plus rien entre nous. Je m'arracha à lui en le suppliant de me ramener. Je l'avais bien cherché mais je suis rentré chez moi pas très fier… 

 

Le Week end suivant je n'y suis pas retourné, je voulais mettre autant de distance que possible entre lui et moi et il était hors de question que je retourne seul dans ce traquenard. 

Décembre arriva, et ma bande d'amis ont voulu retenter l'expérience de la villa rouge en me demandant de servir de guide. 

J'étais ravi, j'allais pouvoir revenir à la villa, cette fois ci, bien entouré, il ne m'arriverait rien.

Comme pour la première fois, nous avons commencé la soirée chez moi puis comme pour un pèlerinage nous nous sommes préparés à sortir.

 

Sylvie ma bonne copine, celle qui pose toujours les bonnes questions me dit en substant ;

-"et si tu le revois ? tu feras quoi ?

 

c'est vrai ça je n'y avait même pas pensé que se passera t il si je le revoit ? 

 

-"Peu de chance, lui rétorquais je, je suis allé à la villa tout les Week end de septembre à décembre sans jamais le re-rencontré donc j'imagine qu'aujourd'hui il n'y a plus d'espoir…"

 

10 secondes

Il a fallu moins de 10 secondes entre le moment où nous franchissions l'entrée du club que mon radar se mit en marche et sonna une alerte assourdissante dans ma tête: il est là !

 

Il est revenu, il est encore + beau que dans mon souvenir, il danse, il est seul, légèrement en retrait dans un coin du bar. Il y avait du monde ce soir là mais mon regard ne s'est posé que sur lui. 

Sylvie me regarda le dévisager et me dit :

-"alors et maintenant ? tu attends quoi ?"

 

Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, son regard me transperça, il me fixa tandis que je me rapprochais de lui. Je ne savais pas ce que j'allais lui dire, je n'avais aucune idée de l'accueil qu'il me réserverait, est ce qu'il se souviendrait de moi ? est ce qu'il me laissera l'embrasser de nouveau ? 

Les questions se bousculèrent dans ma tête alors que je rapprochais inexorablement de lui. De son corps que j'avais si souvent désiré; De son contact que j'espérais tous les soirs lorsque je me couchais seul.

 

Je n'étais qu'à quelques mètres de lui, ses yeux me fixèrent, il ne me lâchait pas. Je pris mon courage à 2 mains et une profonde inspiration, je jouais des coudes pour le retrouver, je crois qu'il m'a dit bonjour, moi je l'ai embrassé. Un baiser long, un baiser qui arrête le temps, qui arrête les colombes en plein vol comme disait la chanson. 

 

Oui ce soir, les histoires d'amour existent et elles ont enfin un sens.  

 

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